Philosophie contemporaine
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.2019/1 : le monde : norme ou donné ?
Michaël Foessel
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 3 Décembre 2019
- 9782711650910
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.2019/2 : le monde sans nous ; réflexions sur le réalisme des modernes
Philippe Hamou
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 7 Janvier 2019
- 9782711650927
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.115-3 : les vérités de T 10 : remarques sur un chapitre célèbre de la Métaphysique
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 16 Mars 2023
- 9782711651016
Dans les études sur la théorie aristotélicienne de la vérité, le chapitre ? 10 de la Métaphysique occupe une position aussi centrale que problématique. S'en réclament autant les philosophes de tradition analytique que les auteurs les plus continentaux, Heidegger en tête, qui a consacré à ce texte un commentaire détaillé. Cette étonnante fécondité historiographique témoigne assurément de la profondeur des enjeux de ? 10. Mais le texte est difficile et l'on peut se demander si ses utilisations modernes ne sont pas autant de rétroprojections, sur un locus éminemment desperatus, de décisions philosophiques trop optimistes.Notre objectif sera donc, dans un premier temps, philologique : nous présenterons une édition du texte, fondée sur la prise en compte de la tradition textuelle de la Métaphysique. Une brève description sera donnée des témoins byzantins principaux, de leurs rapports de parenté et de la façon dont la traduction arabe ancienne, du IXe siècle, permet de mieux comprendre la tradition grecque. Une fois cette tâche préalable accomplie - elle ne l'a été par aucun des cinq éditeurs de la Métaphysique (Bekker, Bonitz, von Christ, Ross, Jaeger) - nous serons mieux armés pour comprendre la lettre de ? 10. Celle-ci, toutefois, commencera par se présenter sous une forme qui accroîtra nos perplexités : loin de permettre de trancher le débat entre lecture « analytique » et « continentale », le chapitre ? 10 tel qu'on pouvait le lire à la fin de l'Antiquité fournit des arguments à chacune.Cette constatation nous invitera à prolonger l'entreprise ecdotique dans une direction plus générale, prenant en compte la constitution du chapitre dans son ensemble. Nous argumenterons en faveur de la thèse suivante : ? 10 résulte de la conflagration de deux traitements aristotéliciens distincts, corrélés mais hétérogènes, de la vérité. Nous nous interrogerons sur leur signification intrinsèque et, bien entendu, sur les raisons de leur juxtaposition à la fin du livre ?.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.3 : des oeuvres et des discours : portrait de l'artiste en chercheur
Carole Talon-Hugon
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 24 Février 2022
- 9782711650972
Dans Le Mot peint (1975), l'écrivain Tom Wolfe imaginait ironiquement le moment où les musées n'exposeraient plus les oeuvres des peintres Jackson Pollock, Willem De Kooning ou Jasper Johns accompagnées de petits cartels portant des commentaires des critiques Clement Greenberg, Harold Rosenberg ou Leo Steinberg, mais accrocheraient sur leurs murs les reproductions agrandies de ces mêmes textes accompagnées de petits cartels où figureraient les reproductions des oeuvres commentées. De fait, la chose s'est réalisée : l'artiste John Baldessari a effectivement exposé une toile intitulée Clement Greenberg (1967-1968), qui ne consiste en rien d'autre qu'en la reproduction d'un texte du critique, réalisant ainsi la superposition parfaite de l'oeuvre et du texte.C'était là une étape dans un processus continu d'intellectualisation de l'art dont il s'agira ici d'identifier les divers moments saillants et les formes spécifiques, depuis les premiers textes théoriques sur les arts du dessin à la Renaissance jusqu'à la posture contemporaine de l'artiste en chercheur de sciences sociales, en passant par les Conférences de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, le temps des Manifestes et celui des « théories persuasives » de la Modernité tardive. Il s'agira plus particulièrement d'étudier ce qui a rendu possible les formes les plus contemporaines de cette prolifération discursive, en montrant qu'elles sont nées de la convergence de deux phénomènes distincts qui, au cours du XXe siècle, ont affecté la sphère artistique d'une part et la sphère académique de l'autre. Le premier est la désartification de l'art; le second, la dé-régulation des sciences humaines.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.115-1 : l'universel en langue
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 3 Novembre 2022
- 9782711650996
Le propos est de contribuer à la transformation de ce qui aujourd'hui, dans l'espace public, a les apparences d'une querelle mettant aux prises l'universalisme et ce qui est présenté comme des particularismes postcoloniaux en une discussion philosophique de la notion d'universel. En commençant par reconnaître aux dits « postcoloniaux » non pas la position qui leur est prêtée mais celle qu'ils ont pour la plupart effectivement défendue : la visée d'un universel qui soit « véritablement universel » (I. Wallerstein) parce que « riche de tous les particuliers » (Césaire). Il s'agit de montrer que la remise en question d'un universel impérial, « vertical », n'est pas récusation mais invitation à mettre en chantier, depuis le pluriel d'un monde décolonisé, dont aucune province n'a le privilège d'être le centre, un universel de la rencontre, de la traduction, un universel latéral (Merleau-Ponty). L'invitation est donc de construire philosophiquement la notion de (multi)latéralisme.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.115-4 : retour sur le galiléisme philosophique et héritage : questions pour aujourd'hui
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 16 Mars 2023
- 9782711651023
Cette communication a deux parties :La première reviendra sur l'âge classique, entendu dans les limites larges que lui a données Michel Foucault, en incluant les Lumières. L'analyse d'un fragment connu de Galilée introduira au galiléisme philosophique, c'est-à-dire à la référence à Galilée telle qu'elle fut élaborée diversement par Descartes, Pascal et Kant. En résultèrent trois paradigmes de jugement, trois choix quant à l'approche philosophique du réel et de son énonciation. Cette diversification fut soutenue par trois diagrammes (règle coulissante, triangle arithmétique, table kantienne des jugements) auxquels ces philosophes eurent recours. Ces trois manières de configurer le rationalisme y associaient une morale.La deuxième partie rappellera l'héritage controversé du galiléisme philosophique, mais aussi son développement au-delà de ses premières motivations. Le but est d'ouvrir un point de vue comparatif sur un autre épisode - qui n'est pas achevé. On évoquera le défi que l'énonciation scientifique a posé, au seuil du XXe siècle, à l'écriture conceptuelle, à sa demande de réel et à sa déontologie. Ici, Cavaillès et ce qu'il tint pour un enrichissement, et Merleau-Ponty qui l'a suivi plus qu'on ne le dit, seront nos points d'appui. En confirmant la division naguère proposée entre phénoménologies et langues formulaires, on se propose d'en donner les raisons aujourd'hui claires. Elles ont décidé de quelques choix philosophiques irrémissibles mis à l'épreuve dans les dernières décennies.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.116-1 : l'origine de l'apparaître : pour une cosmologie phénoménologique
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 7 Juillet 2023
- 9782711651030
Dès les Ideen I, Husserl pose avec lucidité le problème qui est au coeur de toute démarche phénoménologique : « D'un côté la conscience doit être l'absolu au sein duquel se constitue tout être transcendant et donc finalement le monde psycho-physique dans sa totalité; et d'autre part la conscience doit être un événement réel (reales) et subordonné à l'intérieur de ce monde. Comment concilier les deux choses? ». Formulé ainsi, le problème paraît sans solution: comment la conscience peut-elle être à la fois condition de l'apparaître du monde et chose du monde, constituante et constituée?
Plutôt que d'opter pour l'un des termes de l'alternative, un idéalisme transcendantal ou un réalisme empirique, il faut se demander à quelles conditions cette situation est pensable. Il s'agit donc de transformer le problème en solution et d'affirmer que le propre du sujet est à la fois et indistinctement d'appartenir au monde et de le faire paraître, de vivre le monde dans la mesure exacte où il vit en lui, de telle sorte que l'appartenance n'est plus un obstacle à la phénoménalisation mais sa condition même. Mais alors, si l'appartenance du sujet signifie sa parenté ontologique avec le monde, force est de conclure que ce dernier est le sujet véritable de la phénoménalité. Ce n'est pas moi qui fais paraître le monde mais celui-ci qui paraît en moi, qui se phénoménalise à travers moi; le sujet n'est plus la source mais le simple destinataire de la phénoménalité.
En ce point, le problème phénoménologique devient un problème cosmologique puisqu'il requiert de penser l'être du monde de telle sorte qu'il puisse être la source de la phénoménalité, l'origine même de l'apparaître. La question que nous nous proposons de traiter est donc double : 1) À quelles conditions l'insertion du sujet dans le monde est-elle conciliable avec l'apparition de ce monde? Et 2) dès lors, comment penser le monde de telle sorte que sa présence dans l'étant signifie nécessairement sa présence à l'étant? -
Bulletin de la Société française de philosophie : Retour sur l'universalisme : Autour du travail de Francis Wolff
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 7 Septembre 2023
- 9782711651054
Par l'intitulé « Retour sur l'universalisme : autour du travail de Francis Wolff », la Société française de philosophie inscrit ce moment de réflexion au sein de recherches et de travaux qu'elle a menés ou accueillis récemment; elle entend aussi faire signe vers l'oeuvre de Francis Wolff.
« Dire le monde et plaider pour l'universel » : la formule par laquelle Francis Wolff résume son programme philosophique peut se lire en équivalence : dire le monde, c'est-à-dire plaider pour l'universel. Selon l'auteur, constituer un monde hors de moi et constituer un monde commun procèdent d'un même noyau : la forme prédicative initiale donne sa forme au monde et d'un même geste engage le rapport entre des consciences réflexives. À partir de « la raison dialogique comme différence anthropologique », les grands champs de l'universel - réflexion sur les procédures de la connaissance, quête d'une éthique, construction d'une esthétique - se déploient en un mouvement d'« aspiration à l'achèvement de l'interlocution » nourri par l'histoire de la philosophie, et constituent un humanisme.
La demi-journée d'étude, en présence de Francis Wolff, propose une discussion de quelques-uns de ces thèmes centraux dans son travail. André Comte-Sponville et Alain Policar, auteurs d'ouvrages récents consacrés à l'oeuvre de Francis Wolff, y sont invités d'honneur. -
Bulletin de la Société française de philosophie n.4 : Descartes chimiste? sur quelques pages oubliées des Principia philosophiae
Joly
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 31 Mai 2017
- 9782711650828
Dans une lettre du 4 août 1645 à Constantin Huygens, Descartes déclarait avoir déjà écrit tout le peu qu'il savait touchant la chimie dans la quatrième partie de ses Principes. Il n'avait pas eu l'intention d'écrire un traité de chimie ; il n'espérait pas même faire progresser cette science, dont il connaissait à la fois l'importance pratique et les insuffisances théoriques. Il s'agissait donc simplement pour lui de proposer des explications des diverses opérations chimiques qui fassent l'économie des thèses paracelsiennes alors dominantes et de remplacer l'invocation d'une présence agissante des principes chimiques par des explications mécaniques. Aucun chimiste ne reprit jamais à son compte le détail des explications cartésiennes qui tombèrent rapidement dans l'oubli. Bien plus, et cela jusqu'à nos jours, rares sont les historiens des sciences ou de la philosophie à avoir tenté d'interpréter ces pages obscures. Ce sont les raisons de cet oubli historique de la chimie cartésienne qu'il faut essayer de comprendre. C'est à la fois une part importante de la conception cartésienne de la matière et la place de la chimie dans les processus de la Révolution scientifique qu'il convient ainsi de réévaluer.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.111/1 : Spinoza, l'énigme ?
Elhanan Yakira
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 5 Décembre 2017
- 9782711650835
Il y a sans doute une énigme spinoziste. Elle persiste en dépit du vaste corpus qui, consacré à la philosophie ou à la vie du philosophe, ne cesse de croître en quantité comme souvent aussi en qualité. Qui fut ce penseur étrange et solitaire ? Qu'a t-il voulu au juste ? Comment comprendre l'intérêt dont il fait l'objet et son influence sur la pensée moderne, voire sur la culture moderne elle-même ? Mais surtout, peut-on trouver dans sa pensée un intérêt non pour les érudits ou les historiens, ni en vertu d'inspirations vagues, mais pour des raisons proprement philosophiques ? En répondant de manière favorable à cette question, l'auteur cherche à reconstruire le sens positif de l'éthique spinoziste, à partir de sa théorie de l'âme et du corps et de la lecture que fit Jean Cavaillès de sa notion de nécessité.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.2017/3 : tristes réalismes ; exploration d'un tropisme philosophique contemporain
Isabelle Thomas-Fogiel
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 5 Décembre 2017
- 9782711650842
La réflexion proposée ici prend sa source dans un étonnement, voire une stupéfaction, face à la configuration de la philosophie de ces trente dernières années. En effet, la production philosophique paraît s'y réduire à une unique revendication, que l'on pourrait résumer par cette injonction lancée aux enfants du siècle : « Faites-vous réalistes ». Ce phénomène de cristallisation est d'autant plus étonnant que ses origines sont à ce point multiples qu'il transcende les grandes partitions qui ont structuré, depuis l'après-guerre, notre paysage philosophique (notamment celle entre analytique et continentale). Que signifie, pour ceux qui le revendiquent aujourd'hui, le terme « réalisme » ? Qu'en est-il de leur définition de la vérité ? Etc. Toutes ces questions nous entraîneront, à terme, à tenter de comprendre comment les philosophes sont moins des montreurs de réel que des architectes de l'universel.
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.2018/3 : Karl Marx penseur de l'émancipation
Henri Pena-Ruiz
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 24 Octobre 2019
- 9782711650897
Si Marx insiste sur la dialectique des émancipations ce n'est pas pour disqualifier la définition juridique des droits de l'homme, mais pour montrer les limites de tout registre d'émancipation séparé, quand son formalisme vire à l'hypocrisie. La liberté d'un chômeur en fin de droits est nulle au regard du contrat de travail proposé-imposé.
Penseur du premier âge du capitalisme dépourvu de lois sociales, Marx l'est par là même du troisième âge, qui se rêve comme celui de la dérégulation générale, marquée par l'externalisation des coûts écologiques, humains et sociaux de la frénésie de profit et de compétitivité. Une dérégulation préoccupante au regard du réchauffement climatique et de l'épuisement des ressources naturelles mais aussi d'une humanité minée par des écarts de fortune abyssaux, du fait d'un système « qui produit la richesse en créant la misère » (V. Hugo) -
Bulletin de la Société française de philosophie n.2018/4 : éditer Descartes aujourd'hui
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 24 Octobre 2019
- 9782711650903
Pourquoi et comment, aujourd'hui, réaliser une nouvelle édition des oeuvres complètes de Descartes? La question peut être posée en référence à la grande édition Adam-Tannery, achevée voici un peu plus d'un siècle (1913), et qu'il ne s'agit pas de remplacer (même si elle doit pouvoir un jour être refaite). En l'espace d'un siècle, les études cartésiennes ont connu un essor spectaculaire, que ce soit en France, en Europe ou sur d'autres continents. La connaissance philologique de l'oeuvre n'a donc cessé de s'enrichir, y compris par de nouvelles découvertes, telle celle du manuscrit de Cambridge (encore inédit) pour les Regulæ ad directionem ingenii. Dans le même temps, selon un paradoxe qui demande à être mesuré, la présence de Descartes dans la culture académique n'a cessé de régresser. De là, pour toute nouvelle entreprise d'édition complète, un quadruple impératif s'ajoutant à ceux de l'exactitude et de l'exhaustivité textuelles : fiabilité des traductions nouvelles; réexamen des traductions anciennes; lisibilité optimale; ouverture maximale de l'annotation sur les recherches anciennes ou récentes, notamment quant à la culture du premier XVIIe siècle.
La présente séance permettra d'aborder plusieurs des questions techniques et philosophiques associées à cette entreprise. On reviendra sur l'historique de l'édition en cours de parution (Michelle Beyssade), sur les divers types de problèmes de traduction (Frédéric de Buzon), ainsi que sur la manière dont l'image ou les images de l'oeuvre de Descartes peuvent être par là soumises à révision (Denis Kambouchner). Emanuela Scribano s'exprimera sur l'apport scientifique de la nouvelle édition.
Michelle Beyssade, Frédéric de Buzon, Denis Kambouchner et Emanuela Scribano. -
Bulletin de la Société française de philosophie n.109/4 : avoir des droits : pourquoi, comment, lesquels ?
Collectif, Jean-François Kervegan
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 26 Octobre 2016
- 9782711650781
Suspendons la croyance qui est la nôtre quant au fait que les individus et certains groupes humains (peut-être aussi d'autres êtres) ont des droits; un rapide examen historique montre d'ailleurs que la conviction que les hommes ont ou doivent avoir des droits est assez récente. Demandons-nous donc s'il y a des raisons fortes qui, indépendamment de nos convictions humanistes, nous contraignent d'admettre que les hommes ont des droits. Et d'abord, que signifie exactement avoir un droit?
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.110/1 : la philosophie politique du critère de justice au projet de la liberté
Collectif, Pierre Manent
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 3 Novembre 2016
- 9782711650798
-
Bulletin de la Société française de philosophie n.2016/3 : qui a dit animale rationale ?
Bulletin De La Societe Francaise De Phil
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 3 Janvier 2017
- 9782711650811
Les meilleurs historiens de la philosophie disent traditionnelle ou classique la définition de l'homme comme animal raisonnable. Saint Augustin déjà l'attribue aux anciens. Locke la qualifie de scolastique et ironiquement de sacrée, Leibniz dans sa réponse la dit « consacrée ». Heidegger en fait le centre de sa critique de l'humanisme, lequel aurait manqué l'humanité de l'homme parce qu'il l'a pensée à partir de l'animalité, rangeant l'homme dans le genre animal, avec la raison comme différence spécifique, et de là serait venu le biologisme. Foucault lui aussi prétend que cette définition règne depuis 2000 ans en occident, mais ne lui donne pas ce sens. Ce ne sont que quelques exemples.
Cette définition n'est qu'une fiction scolaire : un exemple donné dans les manuels de logique pour montrer ce qu'est la définition par genre et différence spécifique, et non une thèse sur l'humanité de l'homme. Au contraire, chaque fois qu'elle est reprise dans un contexte métaphysique et anthropologique, par Montaigne, Descartes, Locke, Leibniz, Kant, Hegel, elle est rejetée. Il est faux de prétendre que tout le monde l'a admise et qu'elle consisterait à penser l'humanité à partir de l'animalité.
Auguste Comte affirme la parenté de l'homme et de l'animal contre cette définition, expression d'un mépris théologique des animaux : son jugement est l'exact contraire de celui de Heidegger. Et d'un même mouvement il condamne un matérialisme qui croirait trouver dans la biologie le principe d'explication de la sociologie. On pourra donc voir que penser l'homme à partir de l'animalité ne débouche nullement chez lui sur un biologisme.
Et revenant à Descartes, on rappellera que l'homme n'est pas l'objet d'une connaissance métaphysique ou mathématique, puisque, comme il l'écrit à Elisabeth, chacun éprouve en soi-même l'union de l'âme et du corps sans philosopher. -
Bulletin de la Société française de philosophie n.118 : Dans les traces de Husserl: la phénoménologie face aux idéalités
Collectif
- Societe Francaise De Philosophie
- Bulletin De La Société Française De Philosophie
- 23 Octobre 2025
- 9782711651122
Les objets idéaux dont traitent les mathématiques semblent doués d'une validité omnitemporelle (pour tout temps possible) et omnisubjective (pour quiconque). Et pourtant, loin d'être accessibles de toute éternité à tout sujet pensant, ils font leur apparition à une époque déterminée de l'histoire : 0, 1 et les nombres négatifs n'étaient pas des nombres pour les Grecs anciens, le continu arithmétique n'avait pas d'existence avant Dedekind, tout en étant préfiguré par la théorie euclidienne des grandeurs et exigé par le calcul infinitésimal. Comment concilier ces deux constats de départ? Faut-il privilégier le premier et admettre la thèse réaliste forte selon laquelle les idéalités mathématiques jouissent d'un être en soi, indépendant de tout sujet pensant comme de toute temporalité? Ou privilégier le second et admettre la thèse idéaliste selon laquelle elles sont au contraire engendrées par les actes de pensée d'un sujet pensant? Ce dernier doit-il être alors conçu comme étant situé dans l'histoire, ou bien comme surplombant les diverses époques en une sorte d'ubiquité transhistorique?
Nous tenterons de déployer ce problème et d'élaborer une réponse cohérente en mettant à profit les ressources de la conceptualité husserlienne, tout en mettant à l'épreuve ses thèses fondamentales. Nous partirons donc du concept de constitution transcendantale pour l'appliquer aux objets mathématiques et soumettre à l'examen la thèse de l'idéalisme transcendantal. Les objets mathématiques jouissent-ils d'une valeur paradigmatique et ont-ils le statut d'objets exemplaires en phénoménologie transcendantale? Ensuite, quel est leur statut ontologique : s'agit-il d'objets transparents au regard et épuisés par leur définition, ou ont-ils, comme les choses extérieures, une structure d'horizon - et de quel type? Enfin, la méthode d'analyse des strates de sens permet-elle de trancher nettement entre idéalisme et réalisme, ou doit-elle faire place à un éventail pluriel de thèses ontologiques?